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01.05.2006
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John Wayne Gacy

John Wayne Gacy

Publié le 30/06/2006 à 12:00 par blogpeople
John Wayne Gacy


Gacy se croyait intouchable:

Lorsqu'on lui demandait pourquoi ses employés changeaient si
souvent, il répondait que les garçons étaient rentrés chez eux,
qu'ils étaient partis « vers le sud », ou qu’ils avaient été
licenciés. Comme il employait beaucoup d'adolescent sur des contrats
de courte durée, peu de gens remarquaient la disparition de ses
victimes.
En plus de ses victimes connues, il avait emmené chez lui de jeunes
sans-abri, que personne ne chercha jamais.
Le 14 juin 1978, un adolescent nommé Timothy O’Rourke suivit John
Wayne Gacy chez lui pour y fumer de la marijuana. Il y fut violé et
frappé, puis étranglé.
Mais Gacy n’avait plus de place dans son vide sanitaire, dont
l’odeur de putréfaction devenait proprement insoutenable. Gacy mit
le corps du jeune homme dans un drap, puis le transporta jusqu’à un
pont enjambant la rivière Des Plaines, où il le jeta.
Le 4 novembre, Frank Wayne « Dale » Landingin, un jeune homme de 19
ans, disparut à son tour. Prostitué occasionnel, il s’était disputé
toute la nuit avec sa petite amie et était sorti de chez lui en
trombes, fou de rage. Il avait rencontré Gacy et avait accepté de le
suivre chez lui.
Gacy jeta également son corps dans la rivière Des Plaines.
Fin novembre 1978, James Mazzara, 20 ans, cherchait un nouveau
logement à louer. Il avait entendu dire que Gacy logeait parfois les
adolescents qui travaillaient pour lui. Gacy le fit entrer et lui
montra la « chambre d’amis » à l’étage. Détendu, James accepta le
verre que lui proposa aimablement Gacy. Mais très rapidement, il se
retrouva attaché et incapable de se défendre. Gacy le viola et le
tortura durant des heures. Puis, il lui enfonça son caleçon dans la
gorge et le jeune homme suffoqua.
Gacy conduisit à nouveau, de nuit, jusqu’à un pont enjambant la
rivière Des Plaines.
La police de Chicago était incapable d’arrêter un tueur qui avait
déjà fait plus de 30 victimes. Mais les policiers d’une petite ville
voisinne allaient enfin mettre un terme à ses agissements
monstrueux.
Le 11 décembre 1978, Robert Piest, 15 ans, disparut à son tour
devant la pharmacie où il travaillait, à Des Plaines. Il était le
cadet d’une famille de 3 enfants. Fils modèle, gymnaste d’exception
et très bon lycéen, il travaillait dans une pharmacie après les
cours pour gagner de quoi s’acheter une voiture.
Sa mère, qui était venue le chercher pour fêter son anniversaire en
famille, attendait à l’intérieur de la pharmacie car son fils lui
avait dit qu’il reviendrait dès qu’il aurait fini de discuter avec
un homme qui allait lui offrir un autre travail, mieux rémunéré.
Mais il ne revint pas et sa mère commença à s’inquiéter. Avec son
époux et ses deux autres enfants, Mme Piest chercha son fils dans le
quartier mais ne le trouva pas. Trois heures plus tard, elle appela
la police de Des Plaines. Le lieutenant Joseph Kozenczak, qui
comprit rapidement que Robert Piest n’avait pas fait une fugue,
commença son enquête.
Il apprit que l’homme à qui Robert Piest devait parler s’appelait
John Wayne Gacy, entrepreneur à Chicago, 36 ans. Kozenczak décida de
vérifier son casier judiciaire, par simple routine, et fut effaré
lorsqu’il découvrit les raisons pour laquelle Gacy avait été
incarcéré dans l’Iowa en 1968… et de nouveaux soupçonné depuis. Il
semblait incroyable que Gacy soit en liberté, sans aucune
surveillance.
Kozenczak se rendit chez lui mais Gacy lui expliqua qu’il ne savait
rien de la disparition de Robert Piest, qu’il ne le connaissait pas
et ne l’avait jamais vu. Kozenczak fut surpris par le fait que Gacy
niait connaître le garçon alors que plusieurs personnes savaient
qu’ils avaient rendez-vous. Il demanda à Gacy de le suivre au
commissariat pour y être interrogé. Mais Gacy répondit qu’il ne
pouvait quitter sa maison : il y avait récemment eut un décès dans
sa famille et il attendait plusieurs coups de téléphone importants.
Gacy ne se présenta au commissariat qu’à 3h30 du matin, couvert de
boue. Il s’excusa en affirmant que sa voiture s’était embourbée… et
fut surpris (sic) lorsqu’on lui annonça que Kozenczak ne lui avait
pas fait la grâce de l’attendre.
Gacy revint le lendemain, 13 décembre 1978, et nia de nouveau
connaître Robert Piest. Lorsque les policiers lui expliquèrent que
des témoins l'avaient vu avait l’adolescent, il répondit simplement
«Ah... Oui… Ce Robert là… ».
Il se montra chaleureux et discuta un bon moment avec les enquêteurs
présents. Il se vanta d’être un homme d’affaires prospère, un
bénévole du parti démocrate qui se déguisait en clown pour les
enfants des hôpitaux… et qui avait « des amis haut placés ».
Pendant qu’il badinait, Kozenczak obtint un mandat de perquisition
qui lui permettait de fouiller la maison de Gacy. Il pensait qu’il y
trouverait le jeune Robert.
Seul.
Le pavillon, très propre et ordonné, était rempli de plantes vertes.
Des images de clowns, peintes par Gacy, étaient accrochées aux murs.
Les enquêteurs pensèrent immédiatement qu’ils tenaient leur coupable
: un tapis, dans le salon, était maculé par ce qui semblait être du
sang.
Un inspecteur fit l’inventaire de tous les éléments incriminant
découvertes dans la maison :
une boîte à bijoux contenant deux permis de conduire appartenant à
des hommes jeunes, et plusieurs anneaux, dont une chevalière du
Maine West High School, classe 1975, sur laquelle étaient gravés
les initiales J.A.S.
une petite boîte contenant de la marijuana et du papier à rouler
plusieurs films érotiques hétéro et homosexuels
des médicaments, dont du Valium et du nitrite d’amyle (ou «
poppers », un médicament contre les angines de poitrine qui peut
être utilisé comme aphrodisiaque sous forme intraveineuse).
un couteau à cran d’arrêt
un morceau de couverture taché (de sang ?)
un carnet d’adresses bien rempli
des livres aux noms évocateurs (« Les garçons à moto », «
Adolescents étroits », « La pédérastie : le sexe entre hommes et
garçons », « 21 affaires sexuelles anormales »…)
une paire de menotte et ses clés
une longue planche de bois présentant deux trous aux extrémités
(un genre de pilori)
un pistolet Italien de calibre 6mm
des badges de policiers
un grand godemiché en caoutchouc (qui était caché dans le grenier)

une seringue hypodermique et une petite bouteille de chloroforme
des vêtements bien trop petits pour Gacy
une corde en nylon
Les enquêteurs trouvèrent également un reçu pour le développement
d’une pellicule photo. La petite amie de Robert Piest expliqua que
ce reçu lui appartenait et qu’elle l’avait donné à Robert le jour de
sa disparition. L’adolescent s’était donc bien rendu chez Gacy.
Trois véhicules appartenant à Gacy furent également saisis, dont un
pickup Chevrolet 1978 présentant le nom de son entreprise sur les
portières, une Oldsmobile noire de 1979 et un van présentant
également le nom de son entreprise.
Les enquêteurs ne trouvèrent rien d’autres et retournèrent au
commissariat pour demander que des analyses soient menées sur les
preuves.
Les enquêteurs expliquèrent à Gacy qu’ils avaient saisi des objets
chez lui. Il entra dans une colère noire et appela immédiatement son
avocat. Mais la police n’avait encore rien d’assez sérieux pour le
faire inculper de meurtre et dut le relâcher. Les policiers
décidèrent toutefois de placer Gacy sous surveillance, jour et nuit.
Ils ne le lâchèrent pas d’une semelle.
Certains amis de Gacy furent convoqués et interrogés par les
enquêteurs. Gacy leur avait affirmé auparavant que la police voulait
l’accuser d’un meurtre qu’il n’avait pas commis. Les policiers
n’obtinrent donc que peu de renseignements utiles. Les amis de Gacy
ne pouvaient pas croire qu’il fut capable de tuer quelqu’un.
Les enquêteurs surveillèrent Gacy de manière étroite. Au départ, il
voulut défier les policiers, en assurant à ceux qui le suivaient que
leurs supérieurs étaient des idiots et en les invitant à déjeuner.
Il leur indiquait où il se rendait lorsqu'il prenait sa voiture et
accrocha les décorations de Noël sur sa maison comme à son habitude.
Il invita même les policiers au restaurant et leur affirma « Vous
savez, les clowns peuvent s’en tirer avec des meurtres ».
Mais, à mesure que les jours passaient, Gacy commença à perdre son
sang-froid. Il se mit à boire énormément, cessa de se raser, et
hurla sur ses employés. Il embaucha deux avocats et porta plainte
contre la police de Chicago pour harcèlement.
Une semaine après la disparition de Robert Piest, Gacy était à bout
de nerfs. Mal rasé, insomniaque, il épiait les deux policiers qui le
suivaient constamment. Et, un jour, il les invita à boire un café
chez lui. Peut-être voulait-il encore jouer « au plus fort », les
amadouer, les interroger pour en savoir où en était l’enquête, ou
les persuader de son innocence…
Mal lui en prit, car l’un des policiers, l’agent Schulz, était un
homme d’expérience qui reconnut immédiatement l’odeur nauséabonde
qui imprégnait l’atmosphère chauffée du petit pavillon de Gacy : une
odeur de cadavre. Lorsque ces collègues avaient perquisitionné une
semaine auparavant, il faisait froid et l’odeur ne les avait pas
frappés.
Schulz en fit part à l’inspecteur Kozenczak.
Celui-ci venait d’apprendre que l’anneau aux initiales J.A.S.
découvert chez Gacy appartenait à John Szyc.
Trois anciens employés de Gacy avaient mystérieusement disparu après
avoir eu rendez-vous avec lui.
La télévision de Gacy – les policiers avaient vérifié le numéro de
série – appartenait à également à John Szyc.
Dans le coffre de l’Oldsmobile avaient été découverts des cheveux
et, d’après les analyses, il semblait bien qu’ils appartenaient
Robert Piest.
Gacy pouvait avoir fait plus qu’une seule victime.
Le 21 décembre, Kozenczak décida d’arrêter Gacy pour possession de
marijuana et de Valium : alors que les policiers le suivaient comme
à leur habitude, il avait été surpris alors qu’il fournissait de la
marijuana à un pompiste dans un garage.
Les voisins de Gacy furent abasourdis en apprenant la nouvelle. Seul
l’un des amis de Gacy se doutait qu’il était soupçonné d’un délit
bien plus grave que la détention de marijuana. La veille, presque
hystérique, Gacy avait avoué à Donald Czarna qu’il avait bien tué un
adolescent. Gacy avait ensuite admis à son ami qu’il avait tué une
trentaine de garçons, parce qu’ils étaient « mauvais » et qu’ils
tentaient de le faire chanter. Puis, il s’était mis à pleurer à gros
sanglots.
Les policiers ramenèrent Gacy chez lui et lui annoncèrent qu’ils
allaient tout fouiller jusqu’à ce qu’ils trouvent un cadavre, sous
le plancher s’il le fallait. Gacy s’effondra et avoua avoir enterré
un homme, « un ancien amant », sous le sol de son garage. Il ajouta
toutefois qu’il l’avait tué en état de légitime défense.
Les policiers ne le crurent pas. Ils commencèrent à enlever le tapis
maculé d’une tache, dans le salon, et remarquèrent une trappe au
fond d’un placard. Ils l’ouvrirent et découvrirent, dans le vide
sanitaire, une marre d’eau sombre à l’odeur répugnante, qu’ils
prirent d’abord pour des relents d’égouts.
L’un des policiers discerna une fiche électrique et la brancha dans
une prise murale toute proche. Une pompe électrique se mit en marche
dans le sous-sol. Un quart d’heure plus tard, la marre avait
disparue et un technicien des services de police descendit dans le
vide sanitaire rempli de boue. L’odeur de putréfaction y était
écoeurante. Il plongea une pelle dans la boue et, en voyant des
asticots bouger à la surface, il comprit que la substance graisseuse
n’était pas de la terre humide mais de l’adipocire, une matière
produite par la décomposition de la chair. Le technicien fouilla un
petit moment et découvrit rapidement l’os d’un bras humain, puis
celui d’un pied. L’adipocire ne se forme que 12 mois après le décès
: ce cadavre ne pouvait pas être celui de Robert Piest.
En état de choc, le technicien des services de police lâcha : « Je
crois que cet endroit est rempli de gamins ».
Les voisins et les curieux commencèrent à s’agglutinerdevant le
domicile de Gacy. Tout le monde le considérait comme un homme
sympathique et sans problème. Il avait neigé quelques jours plus tôt
et il s’était proposé pour déblayer les allés de ses voisins les
plus âgés. Il buvait rarement, ne consommait aucune drogue et
détestait les homosexuels…
Les enquêteurs, eux, avaient commencé à creuser dans le vide
sanitaire et réalisaient que Gacy était l’un des pires tueurs en
série de l’histoire américaine.
Le Docteur Robert Stein, médecin légiste du comté de Cook, fut
appelé pour aider les enquêteurs. Il leur demanda de revêtir des
combinaisons et des masques, et de prendre des bains désinfectant
après leur travail. Il organisa les fouilles en délimitant les
parcelles des terres par section, comme un site archéologique. Il
savait que l’excavation d’un corps décomposé doit être menée avec de
grandes précautions afin d’en préserver l’intégrité. Durant les
jours et les nuits qui suivirent, les enquêteurs creusèrent sans
s’arrêter.
Pendant ce temps, John Wayne Gacy était interrogé au quartier
général de la police de Des Plaines. Confronté aux preuves, il avoua
finalement aux policiers les meurtres d’au moins trente adolescents
en sept ans. Il avait enterré la plupart des corps sous sa maison.
Mais il expliqua qu’il n’avait commis lui-même aucun des meurtres.
Le véritable coupable était un « alter ego » nommé « Jack Hanley »
ou « Bad Jack », qui détestait les homosexuels. (Il s’avéra que Jack
Hanley était le nom d’un véritable policier avec qui Gacy avait
discuté plusieurs fois dans un bar de Chicago…)
Il ne put expliquer pourquoi il avait tué Robert Piest, qui n’était
pas homosexuel. Il raconta qu’il avait emmené Robert chez lui pour
discuter d’un éventuel emploi. Il lui avait fait comprendre qu’il
pourrait gagner de l’argent en vendant son corps mais l’adolescent
avait refusé tout net. Gacy l’avait alors convaincu de jouer avec
lui… et ses menottes. Robert s’était laissé convaincre.
(Il s’avéra en fait que Robert Piest avait accepté de monter dans le
véhicule de Gacy, près de la pharmacie, mais uniquement pour y
discuter un instant, car sa mère l’attendait. Gacy avait prestement
plaqué un tissu imbibé de chloroforme sur le visage de l’adolescent).

Selon Gacy, à partir de là, « Jack » avait pris le contrôle de son
esprit et de ses actes, et il ne se souvenait que vaguement des
événements. Robert Piest avait semblé bouleversé lorsqu’il lui avait
annoncé qu’il allait le violer, alors il l’avait laissé partir.
Puis, Gacy avait sombré dans une sorte de torpeur ou d’inconscience.
Le téléphone l’avait réveillé. C’était un ami qui lui demandait la
raison de son retard à une réunion (cet ami déclara par la suite que
Gacy parlait tout à fait normalement et qu’il se dominait
parfaitement). Après s’être excusé, Gacy était retourné dans sa
chambre. Robert Piest était étendu sur le lit. Il avait été étranglé
à l’aide d’un garrot fait d’une corde et d’un marteau.
Gacy avait transporté le corps dans son grenier. Il y était encore
lorsque le lieutenant Kozenczak était passé, le lendemain matin.
Comme il n’y avait plus de place dans le vide sanitaire et qu’il
s’était fait mal au dos à force de creuser, Gacy s’était décidé à
jeter le corps de l’adolescent dans la rivière Des Plaines, comme il
l’avait déjà fait pour ses 4 dernières victimes.
A la nuit tombée, il avait emballé le corps dans une couverture et
l’avait porté jusqu’à sa voiture. Il l’avait jeté du haut du pont
Kankakee mais, en se pressant de regagner Des Plaines pour se rendre
à son entretien avec la police, il avait dérapé sur la route
verglacé et sa voiture avait finit sa course dans la boue épaisse de
la berge.
C’était pour cette raison qu’il ne s’était présenté au commissariat
qu’à 3h30 du matin, couvert de boue.
Gacy discuta ensuite avec l’adjoint du procureur de l’Illinois,
Larry Finder, et lui décrivit où la plupart des corps avaient été
enterrés. Lorsque Finder lui dit qu’il avait du mal à situer les
tombes dans son esprit, Gacy prit une feuille et un crayon, dessina
un rectangle, puis le remplit avec d’autres petits rectangles qui
représentaient « les tranchées », c’est-à-dire les tombes. Il y en
avait presque trente.
La carte s’avéra très précise et tout à fait exacte. Certains corps
avaient été enterrés parallèlement aux fondations de la maison,
d’autres perpendiculairement… Le Docteur Robert Stein réalisa que
Gacy, perfectionniste dans tout ce qu’il faisait, avait disposé les
corps de manière à utiliser efficacement tout l’espace disponible
dans le vide sanitaire…
Gacy avait versé de la chaux ou de l’acide chlorhydrique à plusieurs
reprises sur les corps, dans le but de diminuer l’odeur de
putréfaction et d’accélérer la décomposition.
Le premier jour de fouilles, la police découvrit deux corps. L’un
était celui de John Butkovich, enterré dans le garage. L’autre
corps, celui de Jon Prestige, était enterré sous la maison et
enveloppé dans du plastique. Le lendemain, trois nouveaux corps
furent découverts.
Jours après jours, les enquêteurs déterraient de nouveaux cadavres.
Certaines des victimes furent découvertes avec leurs sous-vêtements
enfoncés dans leur gorge. D’autres étaient enterrées si proches les
uns des autres et leur état de décomposition était si semblable que
les policiers pensèrent qu’ils avaient été tués et enterrés le même
jour.
Les médias nationaux campaient devant l’habitation de Gacy, suivant
heure par heure les macabres excavations. La maison de Gacy était en
permanence cernée de caméras et de journalistes. La maison de Gacy,
qui devint aussi célèbre aux yeux des spectateurs que la Maison
Blanche, fut peu à peu réduite en morceaux, alors que les policiers
creusaient, cherchaient et découvraient d’autres corps.
Les voisins de Gacy étaient harcelés tant par les médias que par une
partie de la population, qui ne comprenait pas qu’ils n’aient « rien
vu », qu’ils ne se soient douté de rien, qu’ils n’aient pas su
discerner, derrière le sympathique entrepreneur qui se déguisait en
clown pour les enfants, un abominable assassin.
Le 28 décembre 1978, la police annonça qu’elle avait retrouvé 26
corps sous la maison de Gacy et un dans son garage.
En novembre, le corps nu de Frank "Dale" Landingin avait été
découvert dans la rivière Des Plaines. Les enquêteurs découvrirent
le permis de conduire du jeune homme dans la maison de Gacy et
comprirent qu’il était également responsable de ce meurtre.
Et Gacy avait jeté d’autres victimes dans la rivière : le 28, le
corps de James Mazzara fut repêché dans la rivière Des Plaines, ses
sous-vêtements enfoncés dans sa gorge.
En février 1979, la police creusait toujours dans la propriété de
Gacy. Il leur avait fallu plus de temps que prévu pour terminer les
fouilles sous la maison, à cause du froid de l’hiver qui avait gelé
le sol en profondeur. Ils pensaient qu’ils pouvaient encore trouver
des corps ailleurs que dans le vide sanitaire. Des ouvriers du
bâtiment furent appelés pour démolir le béton du patio de Gacy. Ils
découvrirent le corps d’un jeune homme, bien préservé dans le
ciment. Il portait un short en jeans et une alliance.
La semaine suivante, un 31ème corps fut découvert dans la rivière
Illinois. Les enquêteurs identifièrent le jeune homme grâce au
tatouage qu’il portait au bras et dont une photo fut reproduite dans
la presse. Un ami du père de la victime reconnu le tatouage de « Tim
Lee », alias Timothy O'Rourke, fan de Bruce Lee qui l’admirait au
point d’avoir prit son nom et de se l’être fait tatouer.
Peu après, le dernier corps fut découvert chez Gacy, sous la salle
de jeux.
La maison fut ensuite détruite et réduite en poussière.
Robert Piest ne figurait pas parmi les corps retrouvés chez Gacy et
l’on ne savait toujours pas ce qu’il était advenu de lui.
Il fut finalement retrouvé dans la rivière Illinois en avril 1979.
Il était resté coincé le long de la rivière, dans un endroit peu
accessible ou visible, mais des vents violents avaient pu le déloger
et le pousser jusqu’au barrage de Dresden, où on l’avait découvert.
L’autopsie détermina qu’il était mort par suffocation : des
serviettes en papier avaient été enfoncées dans sa gorge.
Sa famille porta immédiatement plainte contre Gacy pour meurtre,
mais aussi contre le conseil de libération sur parole de l’Iowa et
le département des prisons, pour avoir libéré Gacy trop tôten 1970,
et la police de Chicago, pour négligence. La police de Des Plaines,
elle, fut louée pour sa rapidité d’action…
Les policiers comparèrent des radios dentaires et d’autres indices
afin d’identifier les victimes. Neuf ne furent malheureusement
jamais identifiées.

Gacy fut transféré à la prison du comté de Cook. Puis, des
psychiatres l’examinèrent à l'hôpital psychiatrique Cermak, à
Chicago, pour déterminer s’il était ou non sain d’esprit.
Dès le début, Gacy affirma être la victime de son alter ego
malfaisant nommé « Jack ». C’était « Jack » qui commettait les
meurtres. Gacy concéda néanmoins plus tard que lui, John Gacy, en
avait aussi commis quelques uns. « Jack » s'emparait de l'esprit de
Gacy tard dans la nuit, quand celui-ci avait bu, et le forçait à se
mettre en quête de victimes.
« Jack » était soi disant l'une des quatre personnalités qui
dominaient tour à tour Gacy. Mais ses récits variaient si souvent
qu'il devenait difficile de croire quoi que ce fût. L’un des
psychiatres menaça même de ne plus s'occuper de lui s’il ne cessait
pas de mentir.
Gacy soutenait également qu'il avait commis la plupart des meurtres
en état de légitime défense, y compris le premier, celui du garçon
qu'il avait ramassé à la gare routière. Les autres avaient eu lieu à
la suite d'altercations : celle qui avait précédé le meurtre de
Butkovich concernait le salaire de celui-ci ; la dispute avec Godzik
portait sur la drogue ; celle qui l’avait opposée à Szyc avait
éclaté au sujet d'une voiture…
Gacy donna ensuite une autre explication pour certains des décès.
Les adolescents avaient accepté les rapports sexuels de leur plein
gré, et avait été d'accord pour qu'une corde les étrangle afin de
provoquer érection et orgasme.
Les avocats, considérant que la plupart de ces explications ne
serviraient qu'à lui attirer l'antipathie du jury, décidèrent de
plaider la folie.
Le 6 février 1980, le procès de John Wayne Gacy commença devant le
tribunal du comté de Cook, à Chicago.
Dans sa plaidoirie d'ouverture, le procureur Robert Egan expliqua
aux jurés que Gacy avait assassiné 33 jeunes hommes en quelques
années. L’enquête avait permis de déterminer que les actions de Gacy
étaient préméditées et rationnelles.
L’un des avocats de Gacy, Robert Motta, affirma quant à lui que les
actes de Gacy avaient été irrationnels et impulsifs : Gacy était
mentalement aliéné et ne pouvait contrôler ses actes.
Si Gacy était déclaré « fou », il pouvait échapper à la peine de
mort et être libéré quelques années plus tard. Dans l’Illinois, il
n’existe aucune limite à l’incarcération d’une personne déclarée
aliénée et, dans de nombreux cas, elle est libérée lorsqu’il est
décidé qu’elle était mentalement assez stable pour « revenir dans la
société ». Mais la folie est très difficile à prouver au tribunal...

Gacy, comme on l’apprit plus tard, s'indigna de voir que ses propres
avocats étaient incapables d'inventer une histoire qui pu le faire
acquitter. Comme les examens psychiatriques l'avaient révélé, Gacy
n'éprouvait aucun remords vis-à-vis de ses crimes. Pour chacun
d'eux, il avait toujours une bonne excuse pour se justifier.
L’accusation demanda aux familles et aux amis des victimes de
témoigner à la barre. Certains des témoins fondirent en larmes
devant Gacy. L'air irrité, il les regardait en ricanant, convaincu
que tout cela n'était qu’une comédie.
Ensuite vinrent les témoignages des garçons qui avaient travaillé
avec Gacy, avait été violés mais avaient survécu. Ils parlèrent de
son caractère changeant et de la manière dont il les avait presque
tous persuadés de se laisser menotter. D’autres expliquèrent qu’il
passait constamment les voir lorsqu’ils travaillaient, pour leur
parler ou les surveiller.
Durant les semaines qui suivirent, les amis et les voisins de Gacy
furent également appelés à témoigner, ainsi que des policiers
impliqués dans l’enquête et des psychologues qui assuraient que Gacy
était soit sain d’esprit, soit mentalement aliéné.
Les deux adolescents qui avaient vécu chez Gacy, David Cram et
Michael Rossi, expliquèrent comment, sur les instructions de Gacy,
ils avaient creusé dans le vide sanitaire - avec Gregory Godzik -
des « tranchées » qui devaient soi disant servir à faire passer des
tuyaux.
L'un des policiers qui avaient interrogé Gacy raconta comment le
tueur lui avait assuré que l'une de ses victimes était un masochiste
et quand l'étranglant, il lui avait fait « une faveur ». Gacy avait
également fait la démonstration de la manière dont il avait tué la
plupart des adolescents, avec un garrot, alors qu'il avait expliqué
qu'au moment où il tuait, c’était Jack qui agissait et qu'il ne se
souvenait de rien !
Le 24 février, la défense appela – à la surprise générale – Jeffrey
Ringall. Tout le monde pensait que Ringall témoignerait plutôt pour
l’accusation mais le procureur pensait que son témoignage serait
plus utile durant un contre-interrogatoire.
L’autre avocat de Gacy, M. Amirante, demanda à Ringall s’il pensait
que Gacy était capable de se contrôler. Ringall pensait que Gacy
était un animal sauvage et qu’il ne pouvait pas dominer ses
pulsions. Son témoignage ne dura pas bien longtemps car Jeffrey
Ringall s’effondra lorsqu’il raconta à la cour ce que Gacy lui avait
fait subir. Il était tellement traumatisé, face à son violeur, qu’il
commença à vomir et fondit en larmes. Gacy ne montra pas la moindre
émotion lorsqu’on dut soutenir Ringall pour l’aider à sortir du
tribunal.
Pour prouver la folie de Gacy, Amirante et Motta appelèrent à la
barre les amis et la famille de l’accusé. Sa mère expliqua que le
père de Gacy l’avait maltraité à plusieurs occasions. Un jour, alors
qu’il n’était qu’un petit garçon, son père l’avait fouetté avec une
courroie en cuir. La sœur de Gacy raconta que leur père passait son
temps à insulter et rabaisser son frère.
Les amis témoignèrent du fait que Gacy était un homme bon et
généreux, qui aidait les gens dans le besoin et souriait toujours.
Lillie Grexa assura qu’il était un voisin merveilleux. Toutefois,
elle refusa d’admettre que Gacy était fou, affirmant au contraire
que Gacy était « un homme très brillant ». Cette affirmation entrait
en conflit avec l’opinion de la défense selon laquelle Gacy était
fou et ne pouvait contrôler ses actes.
La défense appela ensuite le Dr. Thomas Eliseo, un psychologue qui
avait interviewé Gacy avant le procès. Il pensait que Gacy était
très intelligent mais qu’il souffrait d’une schizophrénie paranoïde.
Il dut cependant admettre que Gacy n'avait pas pu commettre 33
meurtres sans se rendre compte qu'il faisait quelque chose de mal.
D’autres experts de la défense donnèrent des avis similaires,
affirmant que Gacy était schizophrène ou souffrait d’un désordre de
personnalités multiples. Ils expliquèrent que le désordre mental de
Gacy altérait sa capacité à comprendre la portée de ses actes. Tous
le déclarèrent fou au moment des crimes.
Le Dr Freedman souligna l'absence totale de sentiments dont faisait
preuve Gacy quand il décrivait ses meurtres. Selon lui, Gacy
détestait véritablement les homosexuels et ne se considérait pas
lui-même comme un homosexuel mais plutôt comme un bisexuel. Il avait
déclaré aux enquêteurs que ces victimes méritaient de mourir. Gacy
projetait sa propre homosexualité sur ses victimes. En les tuant, il
se débarrassait symboliquement de cette homosexualité.
Arthur Hartman, l'un des psychiatres appelés par l’accusation,
soutint que, bien qu'atteint d'un désordre de la personnalité, Gacy
n'était absolument pas dément. « Il est très égocentrique et
narcissique, et possède une orientation typiquement antisociale. Il
a une personnalité psychopathe, avec une déviance sexuelle et une
personnalité hystérique, ainsi que des éléments mineurs de
personnalités compulsives et paranoïaques. »
Le Dr Robert Reifman déclara que Gacy avait « un type de
personnalité particulièrement narcissique ». Il était tellement
amoureux de sa propre image qu’à ses yeux, les autres existaient à
peine. « Je ne crois pas qu'on puisse avoir 33 accès de folie
temporaire », ajouta Reifman. Le fait même d'avoir demandé à David
Cram, Gregory Godzik et Mike Rossi de creuser les tombes dans le
vide sanitaire indiquait que Gacy avait prémédité ses meurtres.
Gacy, argumenta Reifman, simulait la folie.
Le professeur Frank Osanka ajouta : « l'explication des meurtres par
des états psychotiques épisodiques ne peut pas expliquer une série
de plusieurs meurtres, commis ou même endroit, de la même manière
méthodique, et le fait d'avoir caché des corps également de manière
méthodique, sur une période de sept ans, par un homme que ses
voisins considéraient comme sympathique et plein de réussite. Gacy
ne souffrait ni d'une maladie mentale, ni même d'un défaut mental
qui l’aurait empêché de considérer la criminalité de son
comportement ou de conformer sa conduite aux exigences de la loi.»
Enfin, les psychiatres du centre médical saint Luc de Chicago, qui
avait examiné Gacy, conclurent : « Durant les 15 dernières années,
Gacy a démontré un désordre de la personnalité mixte qui inclut des
caractéristiques obsessives compulsives, antisocial, narcissique, et
maniaque… Ses conquêtes homosexuelles, envers lesquels il se
montrait sadique, étaient bien plus des gratifications pour lui à
travers l'exercice du pouvoir, que des expériences érotiques
motivées par des besoins sexuels. Le meurtre est devenu l'expression
ultime de ce pouvoir obtenu sur ses victimes impuissantes… Il a fini
par justifier ses meurtres comme socialement acceptables à cause de
la nature ‘dégradée’ de ses victimes (« des déchets humains », selon
lui) et sa conviction de plus en plus égocentrique qu’il ne serait
jamais appréhendé grâce à son intelligence, au fait qu'il avait
caché les corps, et à sa certitude que son comportement meurtrier
était une faveur accordée à la société ».
Dans les plaidoiries de clôture, l'accusation et la défense
opposèrent à nouveau leurs opinions : Gacy était un schizophrène
irresponsable… ou un manipulateur qui avait violé et torturé ses
jeunes victimes facilement manœuvrables, de manière préméditée et
planifiée. Les opinions des psychiatres étaient diverses mais des
points négatifs étaient apparus à son encontre.
Si Gacy avait eu 33 « pulsions incontrôlables » qui l’avaient
poussées à tuer, alors pourquoi avait-il creusé certaines tombes à
l’avance ? Et si les souvenirs de ses actes étaient si dissipés,
comment Gacy avait-il pu mimer comment il étranglait ses victimes ou
dessiner des cartes aussi détaillées de son sous-sol, se rappelant
parfaitement où il avait enterré chaque victime ? Comment avait-il
pu répondre calmement à un collègue, alors qu’il venait de tuer
Robert Piest ? Pourquoi n’avait-il pas cherché de l’aide ?
Après 5 semaines de procès, les jurés se retirèrent pour délibérer.
Il ne leur fallut que deux heures pour revenir avec un verdict. John
Wayne Gay n'était pas mentalement aliéné. Il était donc coupable sur
tous les points.
Le 13 mars 1980, il fut condamné à la peine capitale.
Lors d’une interview téléphonique menée quelques heures avant son
exécution, Gacy se vanta au journaliste qui l’interrogeait que plus
de 30 livres avaient été écrits sur lui, deux téléfilms avaient été
diffusés, un film au cinéma, une pièce de théâtre, cinq chansons et
plus de 5000 articles… Il était évident qu’il en était extrêmement
fier.
Il adorait l’attention qu’on lui portrait et aimait particulièrement
correspondre avec des agents du FBI et des étudiants en criminologie.

Il recevait quotidiennement des lettres, en majorité écrites par des
femmes. Selon ses propres dires, plus de 40 personnes figuraient sur
sa liste de visite, des femmes pour la plupart.
En 1986, Gacy se maria pour la troisième fois, à l'une des
nombreuses femmes qui lui avaient écrit et lui avaient rendu visite
en prison.
Durant les 14 années qu’il passa dans le couloir de la mort, Gacy
peignit de nombreux tableaux à la peinture à l’huile. Son sujet
préféré était… les portraits de clowns. Après son décès, certaines
de ses peintures se vendirent pour 20.000$ lors d’une enchère,
provoquant l’indignation des familles des victimes et des autorités.
Mais l’acheteur brûla toutes les œuvres de Gacy peu après la avoir
acquises.

:: Les commentaires des internautes ::

malade le 14/05/2008
Je suis atteinte d'une maladie très grave et très étrange : je vois du caca partout.


kinuko le 28/10/2012
la folie meurtrière de cet homme restera une énigme quasi résolue mais encore une fois on peut voir l'horreur de actes pour assouvir ses fantasmes morbides qui ne peuvent que nous donner la nausées et cette même intérrogations sur l'homme et sa folie (ou pas)


Anonyme le 14/06/2013
je suis pour la peine de mort dans les cas de meurtrier en série,
pour une augmentation significative du temps de détention pour les récidivistes ainsi que pour tous crimes à caractère violent.